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Vous avez de la lecture, mes amis !!!
Me voilà exilée, à 2h de Marseille, dans un petit village de pas plus de 30 habitants, dont 20 sont des cigales. Un week-end entier, coupée de tout : Internet, sorties, amis. Rien. Juste vous et vous-même. Croyez moi ça permet de faire le point, de se parler à soi même, de faire le tour de tas d'émotions enfouies.
Tout a commencé à 5h du matin hier soir, lorsque ma copine Laury m'a envoyé un texto quelque peu incompréhensible. Alcool oblige. J'ai eu droit à la suite du message samedi matin. Pour m'annoncer que « Lui » bossait à nouveau en boîte. Déception ? Je ne sais pas très bien. Je m'en fous pas mal en fait. Il peut bien faire ce qu'il veut, je m'en moque. Pas la peine de le juger, pas la peine de dire quoi que ce soit à son sujet même. Stop.
Suite. Je décide de lézarder au soleil, avec un bon bouquin (« Au secours, pardon » de Beigbeder), du futile (magazines Glamour & Cosmo), du sûr (protection solaire indice 20), du moins sûr (téléphone Motorola V3i D&G qui ne sonne pas. Plus ?)
Et là allongée, en tête à tête avec Monsieur le Soleil, je commence par me détendre. Puis me mets à cogiter. Suite logique lorsqu'on est une femme. Car s'il y a bien une chose qui nous distingue des hommes, c'est que pendant qu'un homme agit, la femme pense. Et même lorsque l'homme dort, la femme pense. Au menu de mon brainstorming : J'essaie de comprendre l'acte de Monsieur Lui, aussi dénommé « enculé » à mes heures perdues (perdues dans l'alcool et la douleur surtout...)
Pourquoi là bas ? Pourquoi ai-je rêvé que je le revoyais là bas justement ? Encore un rêve prémonitoire ?...
Peu m'importe, en fait. J'imagine qu'il doit être en état de dépression aggravée, vu les quelques photos prises en soirées qui témoignent de son taux d'alcoolémie fort élevé. Ca me rassure quelque part de me dire qu'il n'a pas changé, que malgré ses 8 ans de plus que moi, on est tous 2 dans le même état. Eh m****, j'avais dit que j'en parlais plus !
Suite de l'état de mes pensées. Souci numéro 2 : « Chou. » Ironie du sort : je remarque que les deux hommes qui occupent mes pensées se surnomment Chou et Enculé. Faut-il en rire ou en pleurer, je ne sais pas vraiment...
Je ne comprends pas pourquoi et comment ce « chou » arrive à si bien s'immiscer dans mon petit esprit, et même ailleurs (je parle du c½ur, au cas où...) Je pense à lui, je n'arrive pas à lui trouver un seul défaut qui puisse me déranger. Je n'irai pas à dire qu'il n'a pas de défauts, ça serait naïf de la part d'une fille de bientôt 22 ans. Le trouver parfait –ou plutôt fait pour moi, puisque la perfection n'existe pas- me fait peur. Oui, ça me fait peur car en général le plus beau des anges qui se met innocemment sur votre route se transforme en beau salaud en moins de temps qu'il ne lui en a fallu pour apparaître. Le revers de la médaille, comme on dit.
Après ce qui s'est passé en Août dernier, après les nombreuses déceptions que j'ai pu avoir, maintenant, je mets un frein à mes émotions. Ce qui me semblait avant tout rose, tout beau, prend de suite un goût amer aujourd'hui. Je me dis « Attention Julie, rien n'est jamais tout rose. Le pire reste à venir. »
En fait, j'ai remarqué que 3 cas de figures se présentent en amour :
- Les contes de fées. On sait très bien qu'ils n'existent pas. L'inconvénient avec les contes de fées, c'est qu'après avoir goûté au meilleur, on tombe sur le morceau qui gâche tout. Comme la liqueur dans le bonbon à Noël.
- Les happy ends : On goûte au pire, et on finit par vivre le moins pire. En goûtant au mauvais dès le départ, c'est plus simple d'apprécier la suite. Ca s'apparente à goûter à un hors d'½uvre dégueulasse et enchaîner avec un steak-frites passable.
- Le dernier cas de figure, aussi intitulé « malédiction ». Sorte de bad-end. Dans ce cas là, on goûte au pire dès le départ, comme dans la happy-end. Sauf qu'on se rend compte que le meilleur n'arrive jamais. Ou quand le pire fait place au plus pire. Ca peut s'apparenter à un déjeuner avarié. On espère toujours mieux, mais ça n'arrive jamais. Et on finit malade.
Voyez par vous-même. Ma vision des choses est assez pessimiste. Désormais je ne crois plus au bonheur. C'est la recette pour aller mieux. Se dire que c'est la vie, qu'il faut faire avec. C'est beaucoup moins douloureux que de croire en un idéal qui ne viendra jamais.
Cet après-midi, je me suis allongée sous le soleil. J'ai contemplé les nuages. J'ai remarqué à quelle vitesse ils se déplaçaient. J'ai pris conscience que la Terre tourne. Et que le temps passe et ne se rattrape jamais. J'ai écouté le silence. J'ai peur du silence. Je n'aime pas le silence. Alors j'ai allumé mon PC portable, j'ai enclenché la sélection préférée de mon lecteur Windows Media, j'ai écouté les mêmes chansons qu'hier, les mêmes que j'écouterai demain. A la seule différence que j'étais à présent sur ma terrasse, et que je vidais ma tête. Qu'il faisait beau, et que demain peut être plus.
J'étais dans la maison de mon grand père. Dans la maison qui m'a vu dès mes premiers jours. Qui m'a vue grandir. Que de vécu, que de souvenirs dans cette maison. Le jardin, les murs se souviennent de ceux qui ne sont plus là aujourd'hui. Et moi aussi je m'en souviens.
En plein silence, au calme, avec ce soleil radieux et ces nuages pressés, j'ai ressenti une pointe de mélancolie. Le c½ur serré, j'ai cru laisser échapper quelques larmes. Mais elles n'ont pas coulé. Ces personnes qui me manquent sont aujourd'hui dans mon c½ur. Et ainsi elles ne nous quittent jamais vraiment.
Ecoute The Supremes « My world is empty without you ». Il se fait tard. Ennui. C'est dingue ce que l'ennui peut vous faire réfléchir. Quand on est seul, quand on n'a rien de mieux à faire que rien, alors on pense. On pense, on repense, on re repense. Ca permet d'évacuer, de faire le vide dans le vide. Et alors ? Quoi de plus ? Quoi de mieux ?
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